24 août 2016 - Sandakan - Malaisie

Le pied marin ou presque

Me re-voilà en Malaisie !

 

J’ai rejoins la Malaisie depuis les Philippines après environ une semaine de navigation. Me voilà donc sur l’île de Bornéo. Super expérience donc pour ce mois passé à réparer/préparer doucement le bateau à Puerto Princesa aux Philippines. Même chose pour ce qui est de la traversée. J’en garde un super souvenir, c’est quelque chose à faire.

 

Il faut tout de même remettre les choses dans leur contexte. J’ai souvent entendu, « oui le bateau c’est trop bien, c’est pas cher, tu vas où tu veux, la belle vie quoi… » Ce à quoi je peux maintenant répondre « heu, t’as déjà fais du bateau ?? »

 

Je ne prétends absolument pas avoir perçus ne serait-ce que 1% de ce que peut être la Voile avec un grand V mais je peux tout de même avoir mon avis qui je pense peut être partager avec certains ayant essayé le bateau-stop.

 

Casser un mythe par les plus et les moins

Les moins

– c’est lent, très lent. Tout dépend du bateau bien sur mais nous avons fait une moyenne de 4 noeuds environ, 7km/h. J’allais plus vite en vélo !

 

– c’est pas stable du tout, et là je vous parle de mon expérience sur un catamaran alors imaginez sur un monocoque ! Quand la mer est bien déchaînée, impossible de faire quoique ce soit sur e bateau si ce n’est attendre, dormir, regarder la mer.

 

– c’est ennuyeux et monotone. Les jours se ressemblent tous, vous prenez vos habitudes très rapidement et s’installe un système de roulement pour que quelqu’un garde tout le temps un oeil sur la mer. Ca se résume à prendre un petit dej, regarder la mer, éviter les autres bateaux, déjeuner, regarder de nouveau la mer, faire éventuellement une sieste, dinner, faire des rondes de nuit. Le paysage quant à lui ne change pas trop, de l’eau à gauche, à droite, devant, derrière, en dessous.

 

– c’est fatiguant. Pendant une semaine j’ai dormis 6h par nuit en alternant 3h de garde, 3h de « sommeil ». Le matin quand tu te réveilles avec les yeux rouges de la petite nuit et la tête dans le c**, tu sais déjà que dans une dizaine d’heure tu t’y remets !

 

– le mal de mer. Heureusement, je n’ai pas été malade, je n’imagine même pas la torture que ça peut être. C’est un coup à devenir fou et à sauter par dessus bord !

 

– la paperasse. Si vous pensiez que naviguer de pays en pays c’était plus simple que passer des frontières terrestres ou via les airs vous vous plantez. Côté administratif c’est plus « complexe », il y a bien plus de règles qui sont toutes différentes en fonction des pays. Il faut s’enregistrer à l’immigration, puis aux douanes et parfois à la capitainerie, sachant que bien souvent ce n’est pas au même endroit. Parfois il faut même faire plusieurs check-in dans un même pays. Exemple, je check-in dans le port A du pays 1 (immigration, douane, capitainerie), quand j’en sors du port A je check-out (immigration, douane, capitainerie), je navigue, je check-in dans le port B (immigration, douane, capitainerie) qui est toujours dans le pays 1… Autant dire que certain navigateurs limitent leurs arrêts.

 

 

Les plus

– c’est beau. Oui, la mer est vraiment belle, cette immensité d’eau a quelque chose de fascinant. Les couchés de soleil sont majestueux. Les nuits sont célestes, j’ai compté les étoiles filantes par dizaines.

 

– c’est enrichissant. Je suis pour toute expérience, quelle quelle soit et je dois dire qu’être bloqué sur un morceau de fibre de verre en plein milieu de la mer et partager 20m carrés avec la même personne pendant plus d’un mois, ça vous permet d’en savoir un peu plus sur votre personnalité sociable, ou non !

 

Après tout ça, si je ne vous ai pas convaincu de faire du bateau c’est que je suis pas bon vendeur !